Patrick Beja, Podcasteur professionnel [Podcast #118]

J’ai le grand privilège d’interviewer LA référence du podcasting français : Patrick Beja. Tu verras comment il a construit un business autour de ses passions grâce à une communauté engagé.

Interview en vidéo

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Transcription de l’interview de Patrick Beja

[00:1] Ling-en Hsia : Bonjour tout le monde, j’ai la chance aujourd’hui d’accueillir Patrick Beja, podcasteur chez Frenchspin. Patrick, merci pour ton temps et j’ai hâte de découvrir ton parcours avec les éditeurs. Est-ce que tu veux bien décrire un peu qui tu es et qu’est-ce que tu fais et surtout ce qui va nous intéresser, c’est ton parcours ? Comment as-tu démarré dans le podcasting ?

[00:23] Patrick Beja : Alors qui suis-je ? Donc comme tu l’as dit, je suis Patrick Beja. Je suis podcasteur professionnel depuis maintenant deux ans déjà. Alors pour ceux qui ne savent pas ce que c’est qu’un podcast, c’est une émission audio qui est distribuée par internet. Laquelle on peut s’abonner pour recevoir gratuitement et automatiquement, tous les nouveaux épisodes. Je fais des émissions sur la Tech et le jeu vidéo, en gros. Puis, je suis professionnel depuis 2 ans. La manière dont je finance mon travail, c’est du financement participatif récurrent, c’est-à-dire, c’est un peu différent de geek starter où on demande une grosse somme pour un projet. Moi, je demande des petites sommes, à chaque fois qu’un nouvel épisode de mon podcast principal est publié.

[01:14] LH : Donc, c’est patreon.com/RDVtech ? Comment on te retrouve ?

[01:20] PB : RDV tech, c’est l’émission principale que je fait.

[01:28] LH :  Alors, du coup, on revient à la genèse. Comment as-tu découvert le podcasting ?

[01:34] PB : Comment as-tu découvert le podcasting ? Il y a plus de dix ans maintenant, j’ai commencé avec une émission qui était consacrée aux jeux vidéos, World of Warcraft. C’était un jeu auquel je jouais beaucoup. Et j’avais un iPod, mon premier iPod. Donc, j’écoutais beaucoup de musique et j’avais entendu parler des podcasts et je me suis dit que ça serait sympas de trouver des émissions sur ce sujet, sur le sujet des jeux. Alors, je suis allé sur le catalogue iTunes. J’en ai trouvé plusieurs et j’ai beaucoup aimé le principe, l’ambiance, le ton qui était différent du ton qu’on peut trouver chez des journalistes qu’on entendait à la radio. Donc ça m’a beaucoup plu. Après ça, j’ai recherché une émission en français sur le même sujet. Je n’en ai pas trouvé. Je me suis dit alors que puisqu’il n’y en a pas, autant le faire moi-même. Donc, je me suis préparé et j’ai fini par me lancer au bout de quelque temps. Ça a été le début de mon histoire d’amour avec les podcasts. J’en ai fait énormément depuis.

[02:38] LH : Ok. Est-ce que tu peux nous situer un peu professionnellement. Travaillais tu ou faisais tu ça le weekend en tant que hobbies ?

[02:45] PB : Alors oui, au début, j’étais intermittent du spectacle. Donc, j’avais des périodes de gros rush et des périodes de calme. Comme ma première émission était vraiment une émission mensuelle, je trouvais toujours le temps de la faire même si j’en ai lancé d’autre après. Donc, ça faisait vraiment un deuxième travail en fait. C’était un hobbies, mais ça prenait beaucoup de temps. Et à partir de 2009 par l’intermédiaire de cette émission, j’ai rencontré des gens de la société qui éditaient le jeu qu’ils développaient et qui publiaient le jeu en question ; et je suis allé travailler pour eux. Donc, j’ai évidemment dû arrêter mon podcast lié aux jeux vidéos. Mais par contre j’ai continué à faire tout plein d’autres émissions, y compris le rendez-vous tech. Là, oui, j’avais un vrai boulot de 9h à 17h ou de 9h à 18h. À ce moment, c’était effectivement un deuxième boulot. Ça ne prenait pas le temps d’un deuxième boulot. Mais on va dire une mi-temps en plus de mon boulot. C’était beaucoup de travail.

[03:46] LH : Est-ce que ça a dû générer des revenus, tout ce travail pendant les premières années, via du sponsoring ou diverses manières ou vraiment pour toi, tu faisais ça purement gratuitement parce que c’était vraiment un hobby à côté d’un vrai travail.

[04:03] PB : Oui, alors, ça a généré un petit peu d’argent. Pas énormément. Ça a dépendu des périodes. On a eu des initiatives avec des amis. On a essayé de professionnaliser la chose. Mais l’un dans l’autre, ça n’a pas généré énormément d’argent. Même si ça n’a pas généré d’argent, j’aurai continué à le faire. Pour vous donner une idée, c’était de l’ordre de, je ne sais pas, une centaine d’euros par mois. Quelque chose comme ça, sur les huit premières années. Et encore, il y a eu plein de moments où ça ne m’a rapporté rien du tout. Mais oui, je l’aurais fait de toute façon. C’était une passion, je dirais même plus qu’un hobby. C’était un truc ou dont je ressentais le besoin de le faire même si ça ne générait pas de revenue.

[04:46] LH : Justement, revenant sur cette idée de passion parce qu’évidemment, on ne fait pas tant d’années de podcasting si on n’est pas passionné ; alors, c’était quoi ton métier en tant qu’intermittent ? Quelle était ton activité ? C’était lié au son, à la voix ?

[05:03] PB : Pas du tout. En fait, j’étais, dans la réalisation et dans la production. J’étais assistant réa et producteur pour différentes productions. Donc, ce n’était pas vraiment lié à ce domaine. Par contre, j’étais toujours passionné d’informatique et j’avais une formation liée au domaine à l’origine. Donc, c’est vrai, qu’au départ, les podcasts étaient quand même assez techniques. Donc la plupart des gens qui en faisaient, c’étaient des gens qui connaissaient aussi l’aspect technique de la chose. Donc ça, ça m’a beaucoup aidé, c’est sûr !

[05:39] LH : Alors, qu’est-ce que tu dirais à des gens qui se disent, ben écoutes, moi, je n’ai jamais fait d’audio. Je ne sais pas si ça me plairait de me lancer dans la production d’un podcast audio.

[05:53] PB : Je crois que c’est un petit peu comme tout. On ne peut pas savoir avant de l’avoir fait. Si on est intéressé, je pense qu’il faut se lancer et voir ce que ça donne une fois qu’on s’est lancé. Il y a énormément, moi, c’est un truc qui me fait un petit peu peur, presque, philosophiquement, c’est cette idée de se dire, ben oui, il y a plein de trucs que j’ai rêvé de faire, mais je ne le fais jamais. En fait, c’est une sorte de mantra qui est qu’on a toujours une bonne raison de ne pas faire quelque chose. Que ça soit pour des petites choses du quotidien ou des grandes décisions dans la vie, si c’est quelque choses d’un petit peu difficile, il y a toujours de bonnes raisons de ne pas le faire. Donc, moi, je me dis, si les bonnes raisons de le faire sont plus importantes que les bonnes raisons de ne pas le faire, alors il faut essayer de passer outre ces bonnes raisons de ne pas le faire. Puis, encore une fois, je l’ai dit dix fois, mais ce sont des bonnes raisons. Ce n’est pas que des mauvaises raisons de s’abstenir. Mais il n’empêche parfois, il faut passer outre. Pour des gens qui voudraient se lancer dans le podcast, c’est un petit peu compliqué, c’est sûr. On a encore, cette ambiance de, comment on va dire ; c’est un milieu d’artisan qui va mettre les mains dans le cambouis. On ne peut pas vraiment se lancer dans le podcast audio sans faire un petit peu de montage audio, un petit peu de comment marchent les sites web, un petit peu de comment fonctionnent les flux RSS. Donc, il va falloir apprendre tout ça. Moi-même, il a fallu que j’apprenne la plupart de ces choses quand je me suis lancé. Mais je crois que s’il y a des gens qui aiment le média et qui ont envie de partager leur passion sur un sujet divers. C’est peut-être une bonne idée de se lancer parce que la force du podcast, l’intérêt du podcast, c’est relativement facile à produire, c’est très bon marché à produire par rapport à une autre type, des médias traditionnels. Donc, ça peut permettre à n’importe qui de se lancer sur n’importe quel sujet qui l’intéresse. Si vous vous lancez sur un sujet très obscur, je ne sais pas moi, la philatélie ou les différents types de grenouilles qu’on peut trouver dans la forêt amazonienne. Peut-être que vous n’allez pas avoir des milliers d’auditeurs, mais peut être que vous pouvez partager votre passion avec quelques dizaines de personnes. Et déjà, c’est quelque chose. C’est un moyen de créer une communauté.

[08:14] LH : alors, justement, est-ce qu’on peut revenir du coup sur le fond. Toi, ce qui t’intéressait, c’était la tech. Pourquoi, au point de la partager, parce que finalement, on ne peut pas être passionné sans vouloir là partager. Toi, tu as vraiment, une réelle envie de partager, d’expliquer, de faire découvrir et d’être pédagogue aussi. Quelles sont tes motivations dans tout ça ?

[08:38] PB : Je crois qu’il y a plusieurs éléments qui sont retrouvés pour créer la situation idéale. Je crois qu’il y a déjà cette passion de ces sujets de la tech ou des jeux vidéos. Quand on est passionné, je pense qu’on a toujours un peu envie de partager. Puis moi, j’aime vraiment parler, j’aime débattre des choses. C’est une sorte de péché personnel. Pour être podcasteur, je crois qu’il faut aimer s’entendre parler. Il faut aimer le son de sa voix, d’une certaine manière même s’il y a plein de gens qui disent… Enfin, ce n’est pas aimé le son de sa voix, dans le sens où j’aime m’entendre, mais aimé exprimer une opinion. D’une certaine manière, tu vois, il y a… Moi, j’ai toujours eu besoin de dire, d’expliquer. Il y a une vraie dimension pédagogique dans toutes les émissions que je fais. C’est que j’aime énormément vulgariser les sujets. J’aime que les gens réussissent à comprendre ces choses et pour la tech, c’est un sujet hyper important aujourd’hui, depuis un moment déjà. Et je pense qu’il y a plus, ou qu’il y a encore un déficit de compréhension chez nous. Et les podcasts, c’est tellement agréable pour faire passer. C’est un média idéal pour faire passer ce genre de chose. Donc, il y a cette volonté aussi, mais c’est un ensemble de toute mon envie de parler, de mon envie d’expliquer ; le moment agréable qu’on passe entre animateur et avec les auditeurs à partager cette passion. Donc, je ne sais pas s’il y a une seule réponse, mais c’est un ensemble d’éléments quoi.

[10:15] LH : D’accord ! Du coup, qu’est-ce qui différencie un podcasting des autres médias ? Parce que tu pourrais faire le même exercice à l’écrit ou en vidéo. Quels sont selon toi, les avantages du podcast audio, qui font qu’il y a de plus en plus de podcasteur audio aujourd’hui ?

[10:33] PB : Je crois que c’est une question d’affinité. Alors, pour les auditeurs, chaque type de médias … Enfin pour les auditeurs, pour les consommateurs, on va dire, chaque type de médias a ses points forts et ses points faibles. Pour les cas des podcasts audios, l’avantage, c’est qu’on peut l’écouter en faisant autre chose : en conduisant, en allant faire son jogging, en faisant la vaisselle, en faisant le ménage, en faisant semblant de travailler au boulot. Tu vois, c’est des choses qui sont moins faciles à faire qu’un autre type de médias que ce soit vidéos ou écrit. Puis, pour les créateurs, il y a effectivement une question d’affinité. Moi, personnellement, j’aime bien écrire. Mais ça me prend plus de temps. Je suis très pinailleur. Donc je relie mes textes jusqu’à n’en plus finir. Donc, c’est juste ce média qui me convient quoi. On se réunit avec trois personnes, on parle pendant une heure et demie. Et puis, ça y est, c’est dans la boite et je peux publier. C’est le format idéal pour ma sensibilité. Puis la vidéo, j’aimerais bien faire de la vidéo, mais c’est tout de suite beaucoup plus compliquée la vidéo. Ça prend beaucoup plus de temps, beaucoup plus d’effort et comme moi, je fais tout, tout seul, quasiment. Je produis maintenant six émissions et je participe régulièrement à trois de plus. Donc, tu vois, il y a une dizaine d’émissions qui sont généralement entre mensuel et bi mensuel. Donc, ça fait beaucoup beaucoup de choses. Je ne pourrais pas du tout couvrir tous les sujets que j’aime si je faisais de la vidéo.

[12:10] LH : Très bien ! Est-ce que tu aurais des podcasts à recommander. Parce que parmi ceux qui regardent et ceux qui écoutent ce podcast, il y a des novices encore. Des recommandations dans la tech, ou quels sont les podcasts que tu écoutes déjà ?

[12:27] PB : Ouf, il y a en a énormément ! Il y a beaucoup d’anglophones dans les podcasts que j’écoute. Je fais des podcasts en anglais aussi. Donc, là, ça dépend si vous parlez français ou anglais, mais il y en a plein.

[12:44] LH : Ton top 3 ?

[12:46] PB : Top 3 ; lors attends, je vais sortir mon âme de podcast. En dehors des miens, je ne sais pas, il y a ZQSD par exemple sur les jeux vidéos qui est très bien. Il y a studio 404 qui est très bien fait. Il y a Livetyle si vous aimez l’actualité windows. Il y a … Oh, je vais en oublier plein. Il y a apéro du capitaine qui est un petit peu paillard mais sympa. Oh, il y en a des tonnes …

[13:21] LH : Ok

[13:22] PB : Ensuite, le truc, c’est que les podcasts, c’est vraiment par sujet, par intérêt. Ce que je recommanderai plutôt que de donner une liste spécifique, c’est d’aller sur iTunes qui est aujourd’hui encore le catalogue de podcast le plus complet. Puis de faire des recherches par mots-clés, par sujet pour trouver des podcasts qui pourraient vous intéresser. En restant peut être éloigné des podcasts de médias traditionnels, c’est-à-dire de radio. Si ça vous plaît, vous saurez que ça vous plaira. Mais je dirai que la richesse des podcasts vient plus des podcasts indépendants. C’est là que vous trouverez des choses vraiment différentes, et intéressantes. Alors que les podcasts de la radio, c’est du replay de la radio. Ce qui est très sympa, moi, j’en écoute quelque un. Mais bon, c’est juste de replay de radio quoi !

[14:24] LH : Du coup alors, selon toi, quels sont les critères des meilleurs podcasts. Ou disant, quels sont les trois ou cinq critères qui font qu’un podcast est bon ? Quelles sont les choses qui t’importent le plus quand toi, tu choisis les podcasts que tu écoutes ?

[14:30] PB : alors, la qualité audio est importante, autant que possible. Ça ne veut pas dire qu’il faut avoir une qualité de son radio à tous les épisodes, mais quand même avoir une bonne qualité ça permet d’offrir une expérience agréable à l’auditeur. Un sujet bien définit. C’est bête, mais il y a beaucoup de podcasteurs qui se lancent et qui disent, « oh, on va parler de truc sympa ou de truc geek. » Avec le mot geek qui est encore aujourd’hui quand même à assez la mode. Alors, c’est sympa hein. Il peut y avoir de très bonnes émissions. Mais je pense que ça peut aider de voir un sujet peut-être un petit peu plus pointu. La régularité, c’est quelque chose de très important aussi. Je crois que quand un éditeur commence à apprécier une émission, il va s’attacher à l’émission. Il faudrait avoir des épisodes qui vont venir régulièrement. Il faut que la personne puisse savoir quand il va avoir son prochain épisode. Si c’est deux en une semaine, et il n’y a plus pendant deux mois ; les gens se lassent quoi. Donc, c’est pour ça que je recommande souvent fait en un par mois et voyez comment ça se passe. Parce que mine de rien, ça reste difficile. Même un par mois, ça reste beaucoup de travail surtout quand on débute et qu’on essaie de comprendre comment ça fonctionne. Donc oui, un par mois, c’est un bon rythme pour débuter et accélérer ensuite si l’on veut. Mais c’est plus compliqué de ralentir quand on a commencé, en se disant, je vais en faire un par semaine et on se rend compte que c’est trop de boulot, quoi !

[16:08] LH : ça fait un quart d’heure et j’espère qu’il y a des gens qui commencent à avoir une envie de créer leur podcast. Quels matériels tu leur recommanderais pour un budget à moins de 100 euros et pour un budget à 500 euros ?

[16:20] PB : alors, en fait, ça dépend déjà de la configuration dans laquelle vous allez vous mettre. Pour moi, la manière la plus simple de s’y retrouver ce n’est pas de retrouver tout le monde chez une personne. Parce que là, il faut du matériel spécifique. Le plus simple, c’est quand même de faire ça par Skype avec des logiciels qui ne sont pas très très chers et d’être chacun chez soi en s’appelant par Skype et puis on enregistre avec des logiciels dédiés pour enregistrer par Skype. Et à ce moment, le matériel, on va dire, par personne, la seule chose dont on a besoin, c’est un micro casque de qualité correcte. Je dirais même que les micro casques de téléphone, en particulier, les micro casques blancs des téléphones apple sont d’une qualité assez surprenante. Vraiment, moi, c’est celui que je recommande maintenant à mes invités quand ils ne savent pas trop. Je leur dis « ben si vous avez un téléphone, en particulier un IPhone, mais en tout cas avec ce micro casque blanc là, utilisez ça, ça sera plus simple que de vous embêter à essayer de trouver le bon micro sur l’ordinateur, avec les bons ports, etc. Celui-là c’est simple, vous le branchez sur votre téléphone, et ça marche »

[17:43] LH : Il faut juste faire attention que ça ne se frotte pas contre la chemise. Ça met arriver plusieurs fois. Tu parlais de logiciel alors. Je crois qu’il y a pamela sur windows et moi, j’utilise call recorder sur mac pour être un peu dans le concret. C’est bien ça ?

[18:01] PB : Oui, il y en a plusieurs. Alors, il y a MP3 call recorder sur Windows aussi et il y a call recorder sur mac qui fonctionne effectivement. Chacun doit être à 20 dollars, quelque chose comme ça environ. Il y en a d’autres qui sont plus complexes, mais cela est bien pour débuter.

[18:18] LH : Très bien. Du coup, on enregistre directement avec le logiciel ? C’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire. On est à plusieurs, on utilise Skype. Si on a un budget, un peu plus avancé, sur quoi on peut investir. On a les 200 à 300 euros.

[18:35] PB : Oui, alors cette deuxième question, là encore, c’est encore la question compliquée. Je crois que si on veut se retrouver, on commence à pouvoir acheter du matériel avec ces 400 et 500 euros pour enregistrer à plusieurs. Alors, il va falloir une table de mixage et des micros avec des pieds, etc. Sinon, ce qu’on peut faire si on est seul, « c’est-à-dire seul chez-soi et puis les autres chez eux », ça va être peut-être d’un micro avec une meilleure qualité. Moi celui que j’utilise, c’est un micro assez cher qui est un Heil PR 40. Heil PR fourty qui est un petit peu important, aussi pour la qualité du micro que pour le symbole du podcaster professionnel. C’est un petit peu celui qu’achète le podcaster quand il se lance vraiment. Mais sinon il y en a plein. Le truc, c’est qu’ils se valent presque tous à peu près, quand on commence à se mettre 100 à 150 euros, on va avoir un micro, qui est de qualité correcte de toute façon. Donc, après, tu sais ironiquement, ça ne va pas être au niveau matériel que ça va coûter plus cher. On peut peaufiner, mais les gains au-delà de ces 100 à 150 euros de micros, les gains vont être minime. Moi par exemple, pendant dix ans, j’ai travaillé avec un micro à 35 euros et une petite interface XLRUSB qui me passait mon micro XLR en USB pour le brancher sur mon ordinateur. J’ai travaillé avec ça pendant 10 ans et le micro m’avait coûté effectivement 35 euros.

[20:14] LH : Ouaou, chouette !

[20:15] PB : Ce n’est pas le plus important on va dire.

[20:18] LH : Voilà justement, j’ai un shure SM58 avec l’adaptateur là … pour le brancher

[20:24] PB : Oui, pour le X to u je connais bien.

[20:27] LH : Et puis aussi, Ah oui, ou est-ce que tu l’as acheté le Heil PR fourty, parce qu’en France, on ne peut pas l’acheter non ? Il faut le commander …

[20:36] PB : Je pense qu’on peut le trouver sur thoman.de , qui est un site de matériels audio bien connu et d’instrument de musique. Mais moi, je l’ai acheté au USA, il me coûtait moins cher là-bas.

[20:47] LH : Ouai, j’imagine. Du coup, pour toi par défaut, un podcast, c’est en groupe avec des amis, avec des invités, ou est-ce que tu recommandes, ou est-ce que toi-même a déjà fait des podcasts en solo ?

[21:00] PB : oui, ça m’arrive, ça m’arrive ! D’une manière générale, ce n’est pas le format que je préfère. Mais, ce qui est marrant avec les podcasts, c’est qu’il y a vraiment autant de formules de podcast qu’il y a de podcasteur. Ce n’est pas du tout un truc qui est figé. Si pour vous, l’émission tout seul vous l’a tenez et que vous réussissez à faire des trucs qui vous plaisent, et ben ça peut être une solution tout à fait acceptable. Il y en a qui font ça, c’est peut-être un petit peu moins fréquent, mais ça peut tout à fait fonctionner. Donc, il y a des gens qui font ça, il y a des gens qui font des podcasts en des groupes d’amis. En deux ou trois, ils se retrouvent toujours. Peut-être trois ou quatre, ou plus, ils se retrouvent toujours les mêmes pour chaque épisode. Et puis, il y a des gens qui font quelque choses de différent encore, c’est-à-dire, des gens différents, des invités différents à chaque épisode. Et là, ça peut aussi fonctionner. Moi, c’est ma formule privilégiée, parce que comme ça, j’ai un panorama de compétences et de connaissances différentes. Mais même au niveau de la production, il y a des gens qui vont faire des productions pré léchées avec des jingles, avec des transitions musicales, etc. Moi au début, je faisais quelque choses comme ça. Maintenant, j’ai tellement d’émission que je veux faire, donc je fais plus simple. Je mets une musique en intro et une musique en conclusion. C’est tout ! Le reste, c’est du strip to tape comme on dit. J’enregistre directement et le montage est très facile, généralement à faire. Mais vraiment, il n’y a pas de formule sacrée quoi. Chacun fait comme il le sent.

[22:33] LH : Très bien ! J’aimerais terminer sur une note un peu business parce que le podcast se professionnalise de plus en plus. Aux Etats-Unis, il y en a qui en font vraiment un business. Déjà connaitre un peu ton point de vue sur la question et puis, des idées de monétisation. Là, je suis sur patreon, donc je vois que tu as plus de 1000 sponsors qui te paient 2400 dollars par épisode environ. Donc, c’est quand même assez … C’est quoi ? Tu as beaucoup travaillé pour gagner cette situation un petit peu confortable. Est-ce qu’on peut tous y arriver ? Comment on peut y arriver ?

[23:13] PB : alors, en occurrence, c’est par un épisode du rendez-vous tech. J’en fait en moyenne deux par mois. Donc, oui, c’est sûr, c’est une revenue qui est assez conséquente. Est-ce qu’on peut tous y arriver ? Pour répondre à ta première question, moi, je pense qu’il y a différents types de monétisation. La première sera la monétisation par sponsors, c’est-à-dire trouver des gens qui veulent faire de la pub dans votre émission. C’est un peu plus compliqué sur les podcasts francophones qu’anglophone parce que les audiences étant plus réduites et les esprits étant peut-être un peu plus fermés. Les sponsors, les annonceurs ne se précipitent pas sur les podcasts. On a essayé avec des amis de trouver des annonceurs comme ça. C’était compliqué, mais c’était aussi il y a quelque années. Peut-être que ça a évolué aujourd’hui. Moi, j’ai préféré donc la voie du financement participatif. Je pense qu’effectivement, c’est possible pour plus de gens. Il y en a plusieurs, qui déjà, récupèrent des sommes qui permettraient à une personne au moins de vivre par ce type de biais. Ce qu’il faut savoir, c’est que moi, j’ai très sciemment calculer les choses pour pouvoir en vivre. Je suis seul et j’essayais de tout faire seul comme je le disais. Je peux me payer un petit salaire. Si on était plusieurs, ça serait plus compliqué, comme tu t’en doutes. Et j’ai d’autres amis, il y a d’autres podcasteurs qui récupèrent des sous aussi par ce biais de pétrionne. Donc, ils pourraient, s’ils décidaient de payer une personne dans leur groupe qui s’y consacrerait. Ça leur permettrait peut-être de sortir un salaire conséquent. La chose qu’on me dit généralement, c’est que « ah oui, mais Patrick, toi, tu fais ça depuis dix ans. Tu as une grosse communauté. C’est pour ça que tu y arrives. Pour les autres, c’est plus compliqué. » Franchement, je ne crois pas à cet argument. D’une part déjà, comme je le disais, il y a plusieurs émissions françaises aujourd’hui qui ramènent suffisamment d’argent pour payer une ou un peu plus d’une personne s’ils font régulièrement. D’autre part, parce qu’on a chacun, toutes ces émissions vivent sur la générosité d’environ, allez entre 500 et 1000 personnes. On va dire ça comme ça

[25:42] LH :  D’accord !

[25:42] PB : Et, moi, je suis convaincu qu’il y a en France plus que 1000, 2000 ou 5000 personnes qui sont prêtes à payer un petit peu d’argent pour des émissions qui leur plaisent, tu vois ! J’en suis absolument convaincu. Je ne sais pas à combien est le chiffre, mais, allez, on va dire que même s’il y avait … Enfin, il y a quand même des centaines de magazines qui vivaient très décemment il y a quelque années encore en France, en vendant leurs produits à des gens qui allaient jusqu’au kiosque pour acheter leurs magazines à 5, 5 ou 6 euros ; il y a bien encore aujourd’hui quelque un, une centaine, des milliers ou des millions de français qui seraient prêts à donner 1 ou 2 dollars ou 2 euros pour une émission qu’ils apprécient. Le tout est d’aller les chercher et de les convaincre de donner et voilà. Et si moi, je réussis à vivre sur la générosité d’un millier de personnes environ, j’espère même que ça va continuer à grandir. Peut être, pourquoi pas engager quelqu’un. Enfin, avoir un petit peu plus d’argent à l’avenir. Donc, si moi, je vis sur la générosité de 1000 personnes, s’il y en a, on va dire 200, 300 ou 500 mille qui suivent cette voie. Ben voilà, on a de quoi faire vivre 20, 30 ou 50 podcasters et pourquoi pas plus ?

[27:02] LH : Génial ! Ben, écoutes, cet avenir arrivera. En tout cas, merci Patrick pour tout ce que tu nous as partagé. Peut-être, un dernier mot pour terminer à des aspirants podcasteurs ? Qu’est-ce que tu leur dirais ?

[27:17] PB : C’est beaucoup de boulot, mais c’est aussi un milieu assez particulier surtout sur le net parce que je crois que c’est le fait qu’on est cette relation très proche et très particulière avec les auditeurs. Parce qu’on est toujours … On a notre voix dans leurs oreilles et on leur susurre à l’oreille des sujets qu’ils viennent chercher parce qu’ils sont passionnés comme nous. Donc, on a généralement des communautés qui sont très bien veillantes, qui participent, qui sont heureuses d’avoir les émissions. Et donc, c’est un petit coin de l’internet assez privilégié. Donc je vous encouragerais à participer à la communauté, soit en tant qu’auditeurs, soit même en tant que podcasters. Il n’y a pas de petits podcasteurs ; c’est toujours un plaisir. Lancez-vous ! Je pense que ça ne peut pas que vous apportez que du positif et que du bonheur.

[28:05] LH : Très bien ! Super, merci Patrick. En tout cas, moi, tu m’as encouragé encore plus à essayer de tenir un rythme hebdomadaire. Puis, j’espère qu’on a inspiré beaucoup de gens grâce à tout ce que tu nous as partagé. On te dit à bientôt !

[28:18] PB : Merci beaucoup. Au revoir ! 

[28:19] LH : Ciao !

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